samedi 22 septembre 2018

Les 4 chevaux de l'Apocalypse

Aujourd'hui, dernier jour de l'Eté ! Nous avons beaucoup parlé des diverses légendes mettant en scène la création du cheval... Il me semble approprié de terminer la saison en vous parlant des chevaux derniers, c'est à dire des montures de ceux qu'on appelle les "cavaliers de l'Apocalypse"...


Albrecht Dürer (1498)

[1] Alors je vis que l’Agneau avait ouvert un des sceaux, et j’entendis l’un des quatre animaux qui disait d’une voix de tonnerre : Viens et vois.

[2] Je regardai donc, et je vis un cheval blanc, et celui qui était monté dessus avait un arc, et on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur, pour remporter la victoire.

Vitrail de la basilique St Denis

[3] Et lorsque l’Agneau eut ouvert le second sceau, j’entendis le second animal qui disait : Viens, et vois.

[4] Et il sortit un autre cheval qui était roux ; et celui qui le montait reçut le pouvoir de bannir la paix de la terre, et de faire que les hommes se tuassent les uns les autres ; et on lui donna une grande épée.

Manuscrit du 13e siècle

[5] Et quand l’Agneau eut ouvert le troisième sceau, j’entendis le troisième animal, qui disait : Viens et vois. Et je regardai, et il parut un cheval noir, et celui qui était monté dessus avait une balance à la main.

Apocalypse de Bamberg (vers l'an 1000)

[6] Et j’entendis une voix qui venait du milieu des quatre animaux, et qui disait : La mesure de froment vaudra un denier, et les trois mesures d’orge vaudront un denier ; mais ne gâte point ni l’huile ni le vin.

[7] Et quand l’Agneau eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal, qui disait : Viens, et vois.

[8] Et je regardai, et je vis paraître un cheval de couleur pâle ; et celui qui était monté dessus se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait ...
 
Tenture de l'Apocalypse d'Angers (14e siècle)


... et le pouvoir leur fut donné sur la quatrième partie de la terre, pour faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

(Nouveau Testament, Apocalypse chap. 6, 1-8, traduction révisée par Jean-Frédéric Ostervald)

Comme vous le voyez, la Bible se termine par la mention de quatre chevaux et de leurs cavaliers. A la fin des temps surgissent ainsi ces quatre animaux qui représenteraient symboliquement :
- la conquête = la puissance (le cheval blanc)
- la guerre = le sang (le cheval roux)
- la famine = le manque (le cheval noir)
- la mort = la peur (le cheval pâle)

Vasili Koren (17e siècle)

Ces quatre chevaux ont inspiré beaucoup d'histoires, et notamment une série de romans que je vous conseille vivement, Apocalypsis d'Eli Esseriam. 


***

J'espère que le thème de cet Eté vous aura plu ! En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous écrire sur les chevaux !
Rendez-vous l'année prochaine pour un nouvel Eté thématique !! 

vendredi 21 septembre 2018

Le Cavalier du Nil

Petit roman d'Alain Surget, le Cavalier du Nil se déroule deux siècles avant notre ère, en Egypte. Il raconte comment Bitiou, un petit paysan passionné par les chevaux, se retrouve, après avoir commis un impair, à travailler pour les écuries du pharaon.

Or, à cette époque là, les chevaux n'étaient pas montés : ils étaient seulement utilisés pour tirer des chars....
Enfin, jusqu'à ce que Bitiou découvre un autre moyen de se déplacer grâce à eux.



Voilà une jolie histoire qui explique, à sa manière, les origines (au moins en Egypte antique) de la monte. 


source image

Pour en savoir plus sur le cheval dans l'Egypte antique, je vous conseille de lire cet article. 

jeudi 20 septembre 2018

Cheval à soie

La fin de l'Eté, c'est la saison des mûres !

Le moment idéal pour vous raconter cette petite légende chinoise (dont il existe différente version).

La jeune Cannü vivait seule et triste depuis que son père était retenu prisonnier par des bandits. Pour tout souvenir, il ne lui avait laissé qu'un cheval, nommé Tianma, Cannü s'occupait avec beaucoup de soin de cet étalon, pour le jour où son père rentrerait. Elle avait même pris l'habitude de lui parler, pour se distraire dans sa solitude.
- Ah si seulement mon père pouvait revenir ! soupira-t-elle un jour. Tiens ! Je promets d'épouser celui qui réussira à le délivrer des brigands !
Elle avait à peine prononcer ces paroles que le cheval se cabra, fracasse la porte de sa stalle et s'enfuit au galop. 
Quelques jours plus tard, Tianma revint avec, sur son dos, le père de Cannü. Celle-ci était folle de joie et n'en crut pas ses oreilles quand le père raconta comment le cheval était venu la sauver. 

Cannü avait oublié ses promesses de mariage (ou bien elle avait parlé à la légère) mais Tianma, lui, s'en souvenait très bien ! Chaque fois que la jeune fille passait près de son écurie, il ruait et piaffait, enfin faisait tout son possible pour s'échapper à nouveau.
- Ce cheval est-il devenu fou ? se demanda un jour le père.
Cannü se rappela alors de sa promesse et la rapporta, en riant, à son père :
- Tianma doit croire que je vais l'épouser, lui. Mais qui épouserait un cheval ?
Cependant, le père ne pris pas l'affaire à la plaisanterie.
- Une promesse se doit d'être respectée. Sinon, où va notre honneur ? Mais écoute, je ne tolèrerai pas que ma fille épouse un cheval. N'en parle à personne. Je vais abattre Tianma et nous serons délivré de ce fou d'étalon et de ta promesse !


Ce qui fut dit fut fait. Mais lorsque Cannü vit la dépouille de Tianma mis à séchée entre deux arbres, elle fut prise de remords :
- Ce brave cheval est mort par ma faute...
Et tandis qu'elle se morfond, une rafale emporte la peau de cheval qui vient s'enrouler autour du corps de la jeune fille. Le vent emporta ensuite la dépouille vers les montagnes et là, quand il la déposa au pied d'un mûrier, la jeune fille s'était transformée en un curieux vers à tête de cheval.
C'est ainsi que naquit le vers à soie, si précieux pour les chinois. Animal qui, rappelons-le, se nourrit de feuilles de mûrier. 
Tianma était en réalité un dieu, et après avoir été tué par le père, il devint un cheval ailé. Quant à Cannü, elle fut elle-même élevée au rang de déesse : chevauchant Tianma, elle revient quelques années plus tard parmi les hommes pour leur expliquer comment produire de la soie

Wang Nong, Fuite (1985)

mercredi 19 septembre 2018

Le Merveilleux cheval mongol

Le Merveilleux cheval mongol est un roman épistolaire de James Aldridge, écrit en 1975.

Nous suivons la correspondance entre  Baryut  (un jeune mongol qui a découvert un troupeau de chevaux sauvages dans les steppes) et Kitty, demoiselle anglaise qui va se retrouver liée à ces chevaux. De fait, des scientifiques ont décidé d'envoyer un cheval sauvage en Grande Bretagne, dans la réserve animalière du grand-père de Kitty, afin de tenter de créer un nouveau troupeau pour éviter que la race ne s'éteigne.
L'individu choisi pour cette expérience a été baptisé Tachi par Baryut, qui s'est particulièrement attaché à son caractère libre et impétueux. Or, la ponette shetland de Kitty, Peep, va être utilisée pour amadouer Tachi...
Les deux enfants s'écrivent donc pour partager leurs inquiétudes concernant la confrontation de leurs chevaux et sur les résultats de cette expérience.
Tachi et Peep en viennent rapidement à s'entendre mais tout ne se passe pas exactement comme prévu : les deux compères réussissent à s'enfuir ! Et Tachi est prêt à tout, même traverser l'Europe, pour regagner ses terres natales...




Ce livre a donc pour personnage central un cheval de Przewalski, dernière espèce de chevaux sauvages qui existe au monde. Elle doit son nom à l'explorateur qui l'a découverte, le colonel Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski. On suggère que leur morphologie est restée très proche de celle des chevaux préhistoriques (bien plus proche que pour nos chevaux domestiques). 


Voilà ce que dit Baryut dans le livre de James Aldridge :

Nous, habitants de la Mongolie, savons maintenant que notre cheval sauvage est le plus rare du monde. En fait, les savants considéraient que sa race était complètement éteinte, doutant de l'existence du moindre survivant, même au coeur des déserts et des montagnes les plus reculés de notre pays. Vous l'appelez en Europe "cheval de Przewalski" - du nom du voyageur russe qui en captura un, en 1882. Nous le nommons simplement takh.
[...] Jadis, les gens chassaient le cheval sauvage, à la fois pour sa peau et pour sa chair. puis, il y a de cela environ un demi-siècle, nos savants nous ont révélé l'importance de cet animal, nous expliquant que c'était une espèce de cheval préhistorique. N'ayant subi aucune modification, car il n'a jamais été possible de les apprivoiser, ils sont la réplique exacte des chevaux encore visibles sur les fresques que l'on peut voir dans certaines cavernes, en France par exemple.


Actuellement, divers programme de réintroduction oeuvrent pour sauver cette espèce menacée. L'un d'eux est situé dans les Cévennes, en France.

Cliquez sur l'image pour accéder au site de l'association Takh et en savoir plus


mardi 18 septembre 2018

Cavalières célèbres

Je vous ai déjà parlé des Amazones, des Walkyries, de Lady Godiva, de Haya Bint Al Hussein, d'Epona et de Wu Zetian.

Mais ce n'est là qu'une infime partie des cavalières célèbres, légendaires ou réelles !
Cet article va être l'occasion de mettre en lumière quelques autres cavalières connues...

*Chand Bibi (16e siècle) était une régente et guerrière indienne  musulmane, célèbre pour avoir défendu son pays contre les forces mogholes.


* Boudicca (1er siècle) est une reine celte de Grande Bretagne qui a mené une révolte contre les Romains, après s'être faite battre et avoir vu ses filles violées par l'envahisseur.
source
* Jeanne D'Arc (15e siècle) qui mena les Français à la bataille d'Orléans

H. Wallon(1876)

*Dihya ou Kahina (7e siècle) reine berbère qui, à la tête de la cavalerie de son peuple, combattit des envahisseurs musulmans.

*Amina (16e siècle) reine guerrière haoussa qui étendit les terres de son peuple en les menant à de nombreuses batailles.
source
*Clorinde, guerrière légendaire qui aurait combattu du côté des sarrasins lors de la 1ère Croisade (11ème siècle), avant de tomber folle amoureuse de Tancrède, un jeune croisé. Elle se serait convertie juste avant de mourir.

Combat de Tancrède et de Clorinde de Ambroise Dubois (16e)


*Mulan, héroïne d'une ballade chinoise, elle aurait combattu de nombreuses années contre les Ruanruan, déguisée en homme, à la place de son père malade (au 5e siècle).

source

lundi 17 septembre 2018

Crin Blanc


Crin Blanc est un court-métrage d'Albert Lamorisse, réalisé en 1953. Il met en scène l'histoire d'une amitié entre cheval sauvage et un jeune pêcheur, dans les marais camarguais.
Le jeune Folco se prend ainsi d'affection pour un cheval immaculé, surnommé Crin Blanc.
Désiré par les manadiers (éleveurs de chevaux camarguais, une manade étant un troupeau de chevaux ou de vaches semi-sauvages) qui voient en lui un étalon de prix, Crin Blanc tente d'échapper à ces ennemis, avec l'aide de son ami Folco qui rêve que ce cheval n'appartiennent à personne d'autre qu'à lui...

Crin Blanc est aussi un livre écrit par René Guillot, en partie basé sur ce film et en partie  réinventé. On y suit le cheval depuis qu'il est poulain et d'autres péripéties (comme le rapt de chevaux par des gitans ou un tour dans les arènes où sont effectués des démonstrations de capture au lasso) ponctuent le récit.
Dans tous les cas cette histoire permet de découvrir le monde des chevaux camarguais et leur mode de vie, même si les choses ont certainement bien changé aujourd'hui. Toujours est-il que c'est un beau témoignage, mettant en présence un animal et un petit garçon sauvages dans une nature indomptée. Histoire qui nous ramène aussi aux mythes des chevaux solaires et des chevaux aquatiques, avec la présence du soleil et de la mer méditerranéens.

dimanche 16 septembre 2018

Black Beauty


Ecrit par Anna Sewel entre  1871 et 1877, Black Beauty est un classique de la littérature anglaise.
 Le cheval qui en est le héros raconte sa vie, depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse. Il tire son nom (littéralement "beauté noire") de la couleur de sa robe d'un noir de jais.
 Changeant plusieurs fois de propriétaire, il narre tous les métiers (cheval d'agrément ou de fiacre...) qu'il a exercé, tous les type d'existence qu'il a connu.
Ses conditions de vie sont parfois douces, parfois rudes, et il rencontre de nombreux autres chevaux qui, eux-mêmes, parlent de leurs expérience.
Même s'il constitue une histoire à part entière, ce livre est aussi l'occasion d'un plaidoyer contre la maltraitance animale (surtout équine, même si certains points abordent aussi les chiens), qui invite à réfléchir sur les conditions dans lesquels nous utilisons les chevaux.

samedi 15 septembre 2018

Le Cheval d'Ebène

Le Cheval Enchanté, ou Le Cheval d'Ebène, est la monture la plus célèbre de ma compilation d'histoire des Mille et Une Nuits.
 
Lors de la fête de Norouz (nouvel an, qui a lieu au printemps), en Perse, un Indien se présente devant le roi pour revendiquer la main de la princesse. En échange de ce mariage, il propose un cheval de bois, que l'ont peut mettre en mouvement si l'on actionne une cheville située à sa droite. La monture s'élève alors dans les airs et, à une vitesse prodigieuse, peut aller n'importe où son cavalier le désire.
L'Indien fait une démonstration et le Roi s'apprête à lui donner sa fille en mariage. Mais le Prince s'offusque et, pour empêcher son père d'accepter un tel échange, il se jette sur le cheval, actionne la manette et s'élève aussitôt dans les airs...
 
 
Le problème, c'est que le Prince ne sait pas comment faire redescendre le cheval ! Ce n'est que plus tard qu'il découvre qu'il faut actionner une manette à la gauche pour atterrir. Mais le voilà arrivé au Bengale. Là, il rencontre une princesse dont il tombe amoureux... Et cet amour l'entraînera encore dans bien des aventures !
 
 
Si vous voulez connaître la suite, n'hésitez pas à emprunter les Mille et Une Nuits en bibliothèque (lecture plus que conseillée !). Vous pouvez aussi lire ce conte en ligne sur wikisource...

vendredi 14 septembre 2018

Le Bouraq

Le Bouraq, dont le nom signife "éclair" en arabe, est un cheval ailé fantastique dans la tradition islamique. Du cheval, il ne possède que le corps : sa tête est celle d'une femme et sa queue celle d'un paon.
Monture des prophètes, il viendrait du paradis pour effectuer de saint voyages.

Miniature moghole du 17e siècle

Ainsi, le Bouraq a été dépêché par l'Archange Gabriel pour mener Mahomet de La Mecque à Jérusalem, puis jusqu'au ciel avant de le ramener à son point de départ.
De même, c'est lui qui conduit Ibrahim à La Mecque.

Symbole de gloire, c'est le Burak qui, selon la légende, conduirait les bienheureux jusqu'au Paradis.

jeudi 13 septembre 2018

Quelques chevaux de la mythologie grecque


Je ne me suis pas tellement attardée sur la mythologie grecque cet Eté, car les chevaux qu'on y trouve sont assez connus.
Vous connaissez déjà Hippodamie, Hippolyte, les Amazonesles chevaux de Poséidon (Scyphios, Pégases, Celeris et les fameux Hippocampes) sans oublier les chevaux qui tirent le char du Soleil ou de la Lune.

*Je ne vous ai pas parlé du cheval de Troie que vous connaissez sûrement déjà :
Il s'agit d'un grand cheval de bois, construit pendant la Guerre qui opposa les Grecs aux Troyens, guerre découlant d'un conflit au centre duquel se tient la belle Hélène.
Après avoir tenu le siège devant Troie pendant dix ans, les Grecs décident de tenter une dernière tactique : ils feignent d'avoir abandonné la guerre en laissant derrière eux un gigantesque cheval sculpté. Les Troyens tombent dans le piège et emmènent ce cadeau empoisonné à l'intérieur de leur citadelle, malgré les avertissements de Cassandre, une devineresse maudite que personne ne prend au sérieux. Pendant la nuit, les Grecs, cachés à l'intérieur du cheval, attaquent par surprise et saccagent la ville.
Manuscrit du 15e siècle

Aujourd'hui encore, la formule "un cheval de Troie" désigne un cadeau-piégé (ou une forme de virus informatique, qui se dissimule sous son aspect inoffensif pour envahir et faire buguer tout votre système !)

*Les juments de Diomède (roi de Thrace) sont aussi réputées car leur capture représente le huitième des 12 travaux d'Hercule. Ces juments étaient particulièrement redoutables car, nourries avec de la chair humaine, elles avaient fini par devenir complètement carnivores !
Gustave Moreau (19e s.)

*Xanthos ("le blond") et Balios ("le tacheté") sont quant à eux les chevaux d'Achille. Ils ont pour géniteurs le vent Zéphir et la harpie Podarge ("pied léger") qui avait pris à ce moment-là la forme d'une jument. Selon une autre version du mythe, il s'agit en réalité de Titans qui, honteux de leurs frères car ils guerroyaient contre les Dieux, décidèrent de changer d'apparence physique.

Ces deux chevaux sont doués de parole (ils annoncent le destin d'Achille, c'est-à-dire sa mort sur le champ de bataille) et sont capables de pleurer lorsque les compagnons d'Achille meurent au combat.
Après la guerre, ils sont récupérés par Poséidon.
Xanthos et Balios par Henry Regnault (1868)
*Les juments de Tros (à ne pas confondre avec le cheval de Troie !) sont offertes à Tros par Zeus. il s'agit d'une sorte de compensation donnée après l'enlèvement de Ganymède, fils de Tros et amant de Zeus. Ces juments sont réputées pour être immortelles, capables de galoper aussi sur les eaux que sur les épis.
*L'hyppalectryon, (de "hippos"= cheval et "alektryốn"= coq) est quant à lui, non pas un cheval particulier mais une chimère : il s'agit d'un animal à demi-cheval et à demi-coq, comme son nom l'indique.
kylix du 6e s. av. J.C
*Enfin, une forme particulière de pégase vivraient selon la légende grecque, en Ethiopie : il s'agit de chevaux ailés et dotés de deux cornes.
Manuscrit du 14e siècle

mercredi 12 septembre 2018

Le cheval et son écuyer

Dans l'heptalogie Narnia, écrits par C.S Lewis entre 1950 et 1956, le cheval occupe une place non-négligeable.

En effet, dans le premier volume de la série (Le Neveu du magicien), des enfants venus de notre monde assistent à la création du monde de Narnia par le Lion divin Aslan. Tous les éléments naissent de la terre au chant du Lion : les arbres poussent, les animaux émergent du sol...
Aslan octroie ensuite la parole à certains animaux. Parmi eux, il choisit Fraise, un cheval qui n'est pas né à Narnia mais y est arrivé en même temps que les deux enfants. Il s'agit en réalité d'un simple cheval de cocher, qui reçoit à Narnia une place très importante.


Car de cheval de cocher, Fraise devient cheval parlant et ensuite cheval ailé.
 Ce premier équidé volant de Narnia est rebaptisé Fledge par Aslan.

"Sois ailé. Sois le père de tous les chevaux volants, rugit Aslan d'une voix qui fit trembler la terre. Ton nom est Fledge" [...]

Les enfants le chevauchent pour mener à bien leur quête : endiguer le Mal qui risque de déferler sur Narnia en repoussant une vile sorcière.


Mais c'est surtout dans le troisième tome, Le Cheval et son écuyer, que le cheval occupe vraiment le devant de la scène (comme l'indique le titre).
Cette histoire débute dans un pays voisin de Narnia. Shasta, fils de pêcheur, décide de s'enfuir avec un cheval de guerre lorsqu'il comprend que son père va le vendre à un soldat. Or, ce cheval est un animal parlant originaire de Narnia : il a été capturé poulain et, depuis, rêve de retourner dans le pays de ses ancêtres.
Shasta et Breehy-hinny-brinny-hoohy-hah (c'est le nom du cheval, surnommé Bree pour faire plus court) prennent donc la fuite ensemble, direction les terres libres de Narnia.
En chemin, ils rencontrent deux autres fugitives : Hwin, une jument également originaire de Narnia, et Aravis, une jeune fille noble qui tente d'échapper au mariage...


Personnellement, ce troisième tome est celui que je préfère. Il a des petites allures de contes des 1001 nuits, ce qui me plaît tout à fait !


(illustrations de Pauline Baynes)

J'ai été également surprise en voyant que le cheval s'appelle Bree dans ce roman, nom que porte également la jument de Haya dans La Princesse et le Poulain (à la différence que ce nom, Bint Al Ree sous sa forme complète, signifie alors "fille du vent" en arabe)

mardi 11 septembre 2018

Bucéphale

Vous vous souvenez de Wu Zetian devenue impératrice grâce à l'apprivoisement d'un cheval ? Elle n'est pas la seule dans ce cas là...
 
Selon la légende, le jeune Alexandre, futur Alexandre le Grand, Empereur de Macédoine (4e siècle avant J.C) réussit à dompter un cheval fougueux que personne n'arrivait à maîtriser. Son secret ? Il avait bien observé le cheval et les cavaliers qui avaient essayé de le dresser en vain. Alexandre s'était ainsi rendu compte que l'animal avait peur de son ombre !
En le montant face au Soleil, de façon à ce qu'il ne voit pas son ombre, Alexandre réussit à amadouer la monture.
Alexandre, encore enfant, dompte Bucéphale
 
Ce célèbre cheval avait pour nom Bucéphale, qui vient du grec "bous" (=boeuf) et "képhalos" (=tête). Littéralement, Bucéphale s'appelle donc Tête de Bœuf... Enfin, nous préfèrerons garder le nom d'origine que la traduction, Bucéphale étant tout de même plus classe que Tête de Bœuf ! ;-)
 
source
 
Suite à son dressage, Bucéphale resta la monture d'Alexandre et quand celui-ci bâtit son Empire, le cheval fut à la tête de toutes les batailles.
Quand il mourut de vieillesse, Alexandre lui rendit un dernier hommage en le divinisant : Bucéphale devint un dieu représenté sous la forme d'un cheval cornu (les cornes était alors un motif de déité chez les macédoniens).

lundi 10 septembre 2018

Orobas

Dans la démonologie (= l'étude et la classification des démons), Orobas est un démon qui peut prendre la forme d'un cheval.
Voici comment il est décrit dans le Dictionnaire infernal de Collin de Plancy (1818) :

"Orobas, grand prince du sombre empire. On le voit sous la forme d’un beau cheval. Quand il paraît sous la figure d’un homme, il parle de l’essence divine. Consulté, il donne des réponses sur le passé, le présent et l’avenir. Il découvre le mensonge, accorde des dignités et des emplois, réconcilie les ennemis, et a sous ses ordres vingt légions."



dimanche 9 septembre 2018

La légende d'Al Khamsa

La légende d'Al Khamsa évoque la création des lignées de chevaux arabes les plus pures et les plus compétentes.

D'après cette légende, Mahomet conduisait un troupeau de chevaux dans le désert depuis des jours et des jours. tous souffraient profondément de la soif. Un jour, enfin, ils arrivèrent en vue d'un oasis. Tous les chevaux s'élancèrent alors vers l'eau pour se désaltérer.
Mahomet souffla dans sa corne de guerre pour rappeler ses bêtes... Mais seule cinq juments obéirent et revinrent vers lui, malgré leur soif. Il y en avait une grise, une noire, une rouanne, une alezane et une baie. 
Ces cinq juments fidèles et dévouées au prophètes devinrent les fondatrices des cinq meilleures lignées de chevaux bédouins. Elles furent surnommées Al Khamsa, ce qui signifie tout simplement "les cinq".
Al Khamsa par Zil Hoque (2017)

J'ai découvert cette légende grâce au livre La Princesse et le poulain (Stacy Gregg), basé sur la jeunesse de Haya Bint Al Hussein, princesse de Jordanie qui a contribué à féminiser l'équitation dans son pays et qui a, entre autre, participé aux JO de 2000 en saut d'obstacle.

source

samedi 8 septembre 2018

Zélina !

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Zélina !!!! 11 ans pour Mam'zelle !



Dans la série Princesse Zélina, d'où elle tire son nom, le poney de la princesse se nomme Paprika. Mignon n'est ce pas ?



vendredi 7 septembre 2018

Cheval de guerre

Cheval de guerre (1982) est un roman de Michael Morpugo, adapté pour le cinéma en 2011.


Il s'agit de l'histoire, raconté par lui-même, de Joey, cheval de labour anglais qui est vendu à la cavalerie lors de la première Guerre Mondiale. Son propriétaire, le jeune Albert, promet qu'il retrouvera coûte que coûte, quand bien même il devrait s'engager dans l'armée pour cela.
Pour le moment, il n'a pas l'âge de s'enrôler, et Joey doit affronter seul les obus, les batailles, les blessures et la mort des chevaux comme des hommes. Malgré la suite d'horreurs qu'il vit, le cheval a la chance de rencontrer des hommes bienveillants qui le traitent aussi bien que possible en ce temps de guerre.




Comme tous les livres de Michael Morpugo, Cheval de guerre est un concentré d'émotions ! Voilà une lecture touchante autant qu'instructive (voir la guerre par les yeux d'un cheval) car cette histoire rend hommage aux milliers de chevaux sacrifiés dans cette guerre, à cause de la folie humaine...

Cette photo prise par Mark Raen (1917) fournit une autre forme d'hommage rendu aux chevaux par des soldats survivants. Je vous conseille de lire ce petit article pour en savoir plus à ce propos. 

jeudi 6 septembre 2018

Le Cheval et l'Âne



Le Cheval et l'Âne

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir.
Si ton voisin vient à mourir,
C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un Âne accompagnait un Cheval peu courtois,
Celui-ci ne portant que son simple harnois,
Et le pauvre Baudet si chargé qu'il succombe.
Il pria le Cheval de l'aider quelque peu :
Autrement il mourrait devant qu'être à la ville.
La prière, dit-il, n'en est pas incivile :
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.
Le Cheval refusa, fit une pétarade :
Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade,
Et reconnut qu'il avait tort.
Du Baudet, en cette aventure,
On lui fit porter la voiture,
Et la peau par-dessus encor.


Jean de la Fontaine

mercredi 5 septembre 2018

Bayard

Je ne vous ai pas encore parlé de Bayard, un cheval merveilleux très célèbre au Moyen Âge.

Son nom est un mélange du latin "badius", ("bai"), et du germanique "hart", ("dur, fort"). Bayard est donc un cheval "fortement bai".
Selon la légende, il est issu d'un dragon et d'une serpente et a grandi au sein d'un volcan. Il est délivré de cet élément par l'enchanteur Maugis.


Cher ami, lui dit la fée, apprenez
Que le cheval est enchanté, d'après ce qu'on dit.
Ce fut un dragon qui l'engendra avec une serpente
Les deux le gardent au fond d'un précipice
En compagnie d'un Diable farouche, je vous dis la vérité
Hideux à démesure, dont le nom est Roënel
Ce cheval faé est d'une si grande taille,
Qu'il porterait facilement toute une journée
Trois chevaliers armés pour un tournoi,
Sans qu'une seule goutte ne perle sur son flanc.
( Chanson de Maugis d'Aigremont)


Puis, le roi Charlemagne l'offre au plus âgé des quatre fils Aymon, Renaud de Montauban.
Par magie, le corps de Bayard peut s'allonger pour que les quatre fils Aymon puissent grimper sur son dos en même temps !


Manuscrit du XVème siècle

Après avoir aidé les frères à échapper à la colère de Charlemagne (Renaud avait tué le neveu du roi), ce cheval termine précipité au fond du Rhin, une meule accroché au cou . A ce qu'on raconte, son esprit continue à errer dans la forêt des Ardennes, et on l'entend encore hennir les nuits du Solstice d'Eté...

Manuscrit du XIVème siècle

mardi 4 septembre 2018

Petits crottins

Aujourd'hui, j'ai cuisiné des biscuits bien dans le thème de l'Eté : des petits crottins de cheval.
N'ont-ils pas l'air appétissants ?




Allez, je vous donne la recette pour que vous puissiez en préparer vous aussi ! ;-)

Pour 20-30 petits crottins :
-3 blancs d'oeufs
-1pincée de sel
-quelques gouttes de jus de citron
-200g de sucre
-1 cuill à café d'extrait de vanille
-200g de noix de coco en poudre
-2 cuill à soupe de cacao
-50g de chocolat.

Battez les blancs en neige ferme avec la pincée de sel et le jus de citron.
Ajoutez-y délicatement le sucre, la vanille, la noix de coco, le cacao tamisé et enfin le chocolat coupé en pépites.
Avec les mains légèrement mouillées, façonnez de petites boules et disposez-les sur une plaque recouverte de papier cuisson, en les espaçant un peu pour qu'ils ne se collent pas durant la cuisson.
Enfournez les petits crottins à 160°C pendant 15 à 25 minutes. La durée de cuisson dépend de la taille de vos biscuits, de votre four et de la consistance que vous aimez (moelleux ou croquants).
Laissez refroidir sur une grille et... miam miam !


lundi 3 septembre 2018

Le cheval et le poulain


Le Cheval et le Poulain

Un bon père cheval, veuf, et n'ayant qu'un fils,
L'élevait dans un pâturage
Où les eaux, les fleurs et l'ombrage
Présentaient à la fois tous les biens réunis.
Abusant pour jouir, comme on fait à cet âge,
Le poulain tous les jours se gorgeait de sainfoin,
Se vautrait dans l'herbe fleurie,
Galopait sans objet, se baignait sans envie,
Ou se reposait sans besoin.
Oisif et gras à lard, le jeune solitaire
S'ennuya, se lassa de ne manquer de rien ;
Le dégoût vint bientôt ; il va trouver son père :
Depuis longtemps, dit-il, je ne me sens pas bien ;
Cette herbe est malsaine et me tue,
Ce trèfle est sans saveur, cette onde est corrompue,
L'air qu'on respire ici m'attaque les poumons ;
Bref, je meurs si nous ne partons.
Mon fils, répond le père, il s'agit de ta vie,
À l'instant même il faut partir.
Sitôt dit, sitôt fait, ils quittent leur patrie.
Le jeune voyageur bondissait de plaisir :
Le vieillard, moins joyeux, allait un train plus sage ;
Mais il guidait l'enfant, et le faisait gravir
Sur des monts escarpés, arides, sans herbage,
Où rien ne pouvait le nourrir.
Le soir vint, point de pâturage ;
On s'en passa. Le lendemain,
Comme l'on commençait à souffrir de la faim,
On prit du bout des dents une ronce sauvage.
On ne galopa plus le reste du voyage ;
À peine, après deux jours, allait-on même au pas.
Jugeant alors la leçon faite,
Le père va reprendre une route secrète
Que son fils ne connaissait pas,
Et le ramène à sa prairie
Au milieu de la nuit. Dès que notre poulain
Retrouve un peu d'herbe fleurie,
Il se jette dessus : ah ! L'excellent festin !
La bonne herbe ! Dit-il : comme elle est douce et tendre !
Mon père, il ne faut pas s'attendre
Que nous puissions rencontrer mieux ;
Fixons-nous pour jamais dans ces aimables lieux :
Quel pays peut valoir cet asile champêtre ?
Comme il parlait ainsi, le jour vint à paraître :
Le poulain reconnaît le pré qu'il a quitté ;
Il demeure confus. Le père, avec bonté,
Lui dit : mon cher enfant, retiens cette maxime :
Quiconque jouit trop est bientôt dégoûté,
Il faut au bonheur du régime.

Jean-Pierre Claris de Florian (Fables, 1792) 

Illustration de Victor Adam