lundi 24 décembre 2018

La Fête de l'Âne

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'une tradition médiévale qu'on célébrait pour Noël : la fête de l'Âne.

Oui, oui ! Vous avez bien lu.
Cette fête était censée symboliser la fuite en Egypte, après la naissance de Jésus, pour éviter que le bébé se fasse assassiner par le roi Hérode (qui tua tous les enfants de moins de deux ans).
Toutefois, la fête de l'Âne est plus burlesque que sérieusement religieuse : une jeune fille défilait, montée sur un âne, tenant dans ses bras un poupons (réel ou non). L'âne et sa cavalière allaient jusqu'à rentrer dans l'église.



L'office récitée à cette occasion était burlesque et frôlait la licence, mêlant couplets latins et français :

Orientis partibus
Adventavit Asinus
Pulcher et fortissimus
Sarcinis aptissimus. 

(traduction approximative  :
 Levant les membres
Arriva l'âne
Magnifique et fortissime
Pourvu de ses fardeaux.)

Puis le refrain en français :
Hez, sire Ane, car chantez
Belle bouche rechignez,
Vous aurez du foin assez
Et de l'avoine à plantez


Chaque couplet étant suivi du triple cri "hi-han" en guise de répons.


Source

De par son caractère impie, cette fête a été interdite par les autorités religieuses, bien qu'elle soit encore pratiquée populairement, "pour de rire", comme une sorte de carnaval.

Après avoir parlé de Moutons, de Boucs et d'Âne, il ne nous manque plus que le boeuf pour avoir vu toute la crèche...
Mais pour le moment, je ne veux que vous souhaiter, à tous, un bon Réveillon !






dimanche 23 décembre 2018

Julenisse

Après avoir évoqué, hier, le Julbock, il me reste encore à parler d'un dernier personnage de Yule. Le Julenisse est lié au Julbock et sa légende suit de près celle de la chèvre.

Je dois d'abord visu expliquer (ou vous rappeler) que le "nisse" (aussi appelé "tomte") est une espèce de lutin familier, de ceux qui aident les humains en cachette la nuit, nettoient les maisons, recousent les draps déchirés, soignent les bêtes ou font la lessive, en échange d'un bol de lait ou de quelque nourriture. Ils sont, en ce sens, semblables aux brownies, aux leprechauns.
Le Julenisse, c'est donc le lutin de Yule.

Robert Seymour (1836)
Durant la nuit de Yule (ou celle de Noël), première et rude nuit d'hiver, le Julenisse serait le seul à rester éveillé. On raconte qu'il parcourt les pays froids monté sur son bouc ou dans un traîneau tiré par ce dernier, pour porter des cadeaux aux enfants.
Contrairement au Père Noël, il ne passe pas par la cheminée mais directement par la porte (ce qui lui permet de récompenser aussi les enfants qui habitent dans des maisons sans cheminée !!) et est parfois également accompagné d'un cheval ou d'un chat.

John Bauer (1912).

Ainsi, le Julbock parcourt effectue tantôt seul la distribution des paquets, tantôt en compagnie du Julenisse.

Notez que le lutin prend différent nom dans les pays qu'il parcourt : Julenisse en Norvège, Jultomte en Suède, Julemand au Danemark ou encore Joulupukki en Finlande.

Jenny Nyström (1908)



samedi 22 décembre 2018

Julbock

Hier, j'ai évoqué la fête de Yule, ancêtre (ou variante) de la fête de Noël.
Une créature est liée à cette célébration : le Julbock (qui signifie "bouc de Yule" ou "chèvre de Yule").

Comme son nom l'indique, cette créature est un bouc ou une chèvre. Autrefois, cet animal était un symbole de l'Ase Thor dont le char est tiré par deux boucs, Tanngrisnir ("qui montre ses dents") et Tanngnjóstr ("qui grince des dents").

Thor et ses boucs (Ludwig Pietsch, 1865)

Avec l'arrivée du christianisme et le rejet du paganisme, le bouc devient une créature diabolique, associé à Satan à cause, entre autres, de ses cornes et de ses pieds fourchus.

Dans les pays scandinave, notamment en Finlande, le Julbock représente alors une créature terrifiante, très laide, vicieuse, sorte de croquemitaine utilisé pour faire peut aux enfants.
Au XVIIème siècle, le soir de Noël, les paysans confectionnaient de petits boucs en paille et se déguisaient en bouc : ils frappaient aux portes et allaient de maison en maison pour effrayer les enfants. Après leur passage, ils laissaient, en souvenir d'eux, le petit Julbock de paille accompagné d'une courte poésie méchante ou moqueuse.

source
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Deux siècles plus tard, le Julbock retourne sa veste. Le bouc devient celui qui apporte des cadeaux aux enfants sages : chacun tressait son propre Julbock qui devait, la nuit de Noël s'envoler dans un pays merveilleux d'où il revenait chargé de cadeaux.

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En Suède, une autre tradition entoure le Julbock : la veille de Noël, des groupes d'enfant allaient de maison en maison en entonnant des chansons et des poésies qui parlaient du Julbock. L'un d'entre eux portait un costume de chèvre, avec un masque de paille. Pour récompenser leurs talents, ils se voyaient remettre des friandises.
Peu à peu, encore une fois, les rôles se sont inversés : c'est le personnage déguisé en chèvre qui remet désormais les cadeaux, il ne les reçoit plus, comme autrefois.

source
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Toujours est-il que la petite chèvre en paille tisser reste une tradition de Noël dans les pays nordiques.
Tradition à adopter l'an prochain ?


Par exemple, dans La Reine des Neiges de Disney, le Julbock est l'un des emblèmes du royaume d'Arendelle


Ici, vous pouvez voir un Julbock de paille aux pieds d'Olaf le bonhomme de neige

vendredi 21 décembre 2018

Yule

Aujourd'hui, c'est l'Hiver !

Autrefois, les peuples scandinaves, germaniques et celtes ne fêtaient pas Noël (puisque le christianisme n'existait pas encore ou n'était pas connu d'eux) mais Yule, qui avait lieu au solstice d'Hiver. On célébrait alors deux divinité sylvestre : on commémorait la mort du  Roi-Houx, remplacé par le Roi-Chêne. Le premier représentait la Mort, les Ténèbres, et le second la Lumière, la Vie.
Le gui et le houx étaient donc déjà des symboles très importants dans cette fête.

source

Le mot "Yule" viendrait de l'ancien anglo-saxon "Yula" qui signifiait "la roue" : Yule est donc réellement une fête du temps qui passe, avec l'image de la roue de l'année.

Dans la mythologie nordique, Yule est le moment où l'Ase Heimdall (gardien de Bifrost) revient rendre visite à ses descendants. Il offre à ceux qui ont bien agi au court de l'année des présents mais ne laisse que des cendres à ceux qui se sont mal comportés.
Les enfants auraient aussi laissé, dans leurs bottes, une carotte pour le cheval d'Odin qui parcourait le monde cette nuit-là. En échange, l'Ase leur offrait des cadeaux.

Heimdall d'après une peinture de Carl Emil Doepler de 1905


Chez les celtes, Yule a aussi pu être célébrée mais d'une autre manière. A Yule on fêtait alors la renaissance du Soleil : l'astre, qui déclinait depuis six mois, meurt le jour de Yule (la nuit la plus longue) et renaît de ses cendres le lendemain (les jours commencent à rallonger). Il s'agit donc, toujours, du combat entre la Lumière et les Ténèbres.

Pour célébrer le nouveau soleil, il convient d'éteindre toutes les sources de lumière et de rester un moment dans le noir, à méditer sur ce que serait le monde sans soleil, sans lumière ni chaleur. Puis, feu de bois et bougies sont rallumées pour symboliser cette renaissance du Soleil et s'en réjouir. Or, on ne rallume pas les flammes avec n'importe quoi : il convient d'utiliser une braise ou un morceau de charbon conservé du bûcher qui avait été allumé lors du Solstice d'Eté. Ainsi, c'est le jour le plus long qui éclaire la nuit la plus longue.

Selon une coutume, on tresse aussi des couronnes de feuillage vert, persistant même dans l'hiver, qui seront brûlés douze jours plus tard (vers le nouvel an). Cette couronne représente la roue de l'année, comme le nom de Yule.

Transport d'un arbre pour Yule, illustration de Robert Chambers (1864)

jeudi 20 décembre 2018

La ballade des proverbes


Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l’eau qu’il brise,
Tant chauffe-on le fer qu’il rougit,
Tant le maille-on qu’il se débrise,
Tant vaut l’homme comme on le prise,
Tant s’élogne-il qu’il n’en souvient,
Tant mauvais est qu’on le déprise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant parle-on qu’on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu’on s’en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu’on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant aime-on chien qu’on le nourrit,
Tant court chanson qu’elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu’il se pourrit,
Tant bat-on place qu’elle est prise,
Tant tarde-on que faut l’entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Tant raille-on que plus on n’en rit,
Tant dépent-on qu’on n’a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut « Tiens ! » que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu’on fuit l’Eglise,
Tant donne-on qu’emprunter convient,
Tant tourne vent qu’il chet en bise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

Prince, tant vit fol qu’il s’avise,
Tant va-il qu’après il revient,
Tant le mate-on qu’il se ravise,
Tant crie-l’on Noël qu’il vient.

François Villon, 1458

Ne cherchez pas un sens à ce poème de Noël du XVème siècle : François Villon effectue un collage de proverbes, par goût de l'humour, du jeu de mot et du rythme. laissez-vous bercer et oubliez vos raisonnements !
Et si vous aviez compris quelque chose à cette poésie sans-queue-ni-tête... Bravo ! 

mercredi 19 décembre 2018

Chaque année, la veille de Noël, la Maison Perle s'ouvrait aux enfants. Ils arrivaient au galop en hordes barbares dans la rue, revenant de l'école avec leurs cartables. Ils s'arrêtaient essoufflés à la porte, restaient un peu sur le trottoir, prenaient le temps de recoller leurs cheveux en se regardant dans la vitrine, puis ils entraient un par un, sans se bousculer, visages d'angelots enrhumés dans leurs écharpes. (...)
Ils recevaient chacun une guimauve emballée dans un papier blanc imprimé de rouge pour l'occasion.
Le 24 décembre, les enfants avaient le droit de passer devant les clients qui se pressaient dans la boutique. Une fois servis, ils tardaient à repartir tant ils se sentaient bien. Chaque pas était au ralenti. Aucun d'eux, pourtant, n'aurait osé repasser deux fois au comptoir et risquer la condamnation aux "sept années". C'était la menace que répétait M. Perle. Sept années sans guimauve de Noël si on resquillait. Quand on a six ou huit ans, ces sept années valent la perpétuité.
Mais dans ce quartier juif de Paris, envahi de petits commerces et d'ateliers de confection, en cet hiver 1938, il valait mieux ne pas être capable d'imaginer ce que seraient devenues ces files indiennes d'enfants, sept ans plus tard, après la guerre, quand ils auraient à nouveau droit aux guimauves.

(Le Livre de Perle, Timothée de Fombelle)

source

lundi 17 décembre 2018

Christkindel

Après un week-end en Alsace, voici un petit article sur une figure de Noël découverte là-bas !

Le Christkindel représente l'enfant Jésus, mais il est souvent symbolisé par une petite fille blonde vêtue de blond, arborant parfois une couronne de bougie telle Sainte Lucie.

Comme le Saint Nicolas, le Père-Givre ou le Père-Noël, le Christkindel (en Alsace et en Allemaagne) vient porter des cadeaux aux enfants sages. Mandarines, bredalas (biscuits) et autres friandises sont rangés dans deux sacoches portés par l'âne Peckeresel.
Il agite une clochette pour indiquer son approche, ce qui a donné naissance à cette chanson.



Comme St Nicolas et le Père-Noël, Christkindel est accompagné d'une figure antagonique, Hans Trap, le Père Fouettard.

Hans trapp et Christkindel

samedi 15 décembre 2018

Le Noël des quatre filles du Dr March

Jo fut la première à se réveiller dans la pénombre glauque de l'aube de Noël. Il n'y avait pas de bas suspendu à la cheminée, pas de souliers dans l'âtre et Jo se sentit le coeur aussi serré que la fois où, dans sa petite enfance, sa chaussette au contraire était tombé sous le poids des jouets et des bonbons. Cependant, elle pensa aussitôt  à ce que leur mère leur avait dit la veille et elle fouilla avidement sous son oreiller pour en tirer triomphalement un petit livre relié en rouge. 

[...] [La mère entre et les quatre filles] se jetèrent à son cou en criant :
-Joyeux Noël, maman, joyeux Noël ! Merci pour tes livres ! Nous avons déjà commencé à les lire !
-J'espère que vous continuerez! Mais je voudrais vous dire d'abord quelque chose. Il y a, pas loin d'ici, une pauvre femme dont le mari est à la guerre et qui vient d'avoir un bébé. Elle en a déjà six autres qui sont tous couchés ensemble dans le même lit pour ne pas mourir de froid, car ils n'ont plus de feu. Ils n'ont rien à manger non plus et ce matin l'aîné des garçons est venu me demander si je ne pouvais pas leur donner un morceau de pain pour qu'ils aient quelque chose à manger aujourd'hui. Voulez-vous leur faire un cadeau de Noël et leur donner notre petit  déjeuner ? 

Illustration de Rebecca Green

[...] Il faisait très froid dehors, tout était blanc de neige. Il fallut prendre de petites ruelles misérables et désertes pour arriver à une maison sinistre, aux vitres brisées remplacées par des morceaux de carton. L'intérieur était affreux : il n'y avait pas le moindre feu, les six enfants, maigres et pâles, se blottissaient les uns contre les autres dans un lit défoncé aux draps en loques. La mère toussait en berçant un nouveau-né qui hurlait; bref c'était un spectacle effrayant. 
On se doute de la stupéfaction de tous ces pauvres gens quand la caravance entra dans la masure !
"Dieu du Ciel ! s'écria la pauvre femme, vous êtes des anges du paradis !"
Et elle se mis à pleurer. 
"Oui, dit Jo, nous sommes des anges en bottes de caoutchouc et en moufles!" 

(Les quatre filles du Dr March, Louisa May Alcott)

jeudi 13 décembre 2018

Joyeuse Sainte Lucie !

Aujourd'hui, on fête Lucie, autrement dit la Lumière puisque ce nom ne signifie rien d'autre (étymologiquement parlant).


Le Soleil et la Chandelle


Or çà, mes amis, essayons
De vous redire en vers tout ce que la chandelle
Disait naguère en prose, en voyant ses rayons
Porter jusqu'à six pas la lumière autour d'elle.
« Ce n'est pas tout-à-fait la clarté du soleil,
Et je n'éclaire pas une sphère aussi grande.
À cela près, je le demande,
Mon rôle au sien n'est-il pas tout pareil ?
À votre gré, monsieur, à votre goût, madame,
Écrivez, jouez ou lisez,
Tricotez, brodez ou cousez,
À qui veut en user je prodigue ma flamme.
Vous blâmez le soleil de trop tôt se coucher,
De se lever trop tard ; qu'il dorme en paix sous l'onde,
Et l'on ne saura pas s'il est nuit en ce monde,
Pour peu qu'on ait pris place à cette table ronde,
Et que l'on pense à me moucher. » [...]

( Antoine-Vincent Arnault, Fables, 1812)


Je vous passe la fin de cette fable, qui s'achève avec le lever du Soleil.
Pour le moment, passons-nous du Soleil, les bougies sont si douces !

Comme le disait Edmond Rostand : C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière.

mardi 11 décembre 2018

Noël en Bretagne

Je ne connais pas le Père-Noël. Mes parents non plus. Mon grand-père encore moins. L'enfant Jésus n'a pas délégué ses pouvoirs à ce personnage à barbe et houppelande qui sera plus tard une caricature des grand-pères quand ceux-ci auront été déchargés de l'éducation de leurs petits-fils. Il ne viendrait l'idée à personne d'aller déplanter un sapin dans quelque bois pour le faire trôner au beau milieu de la maison. A-t-on jamais vu un sapin prendre racine dans la terre battue ! Tandis que la bûche de Noël a bien sa place dans la cheminée, pas vraie ! C'est une bûche qui nourrit le feu, qui réchauffe la maison et qui préserve de l'orage, sans compter d'autres vertus qu'on ne connaît pas toujours. Cette bûche est déjà préparée au fond de l'âtre. L'Enfant Jésus peut venir en robe blanche et les pieds nus. Il n'aura pas froid.

Oui mais voilà ! Il n'entre point par la porte. La porte peut laisser passer n'importe qui. Et ce n'importe qui, même grand-père, est toujours chargé de péchés. L'enfant descend par la cheminée. Toute noire qu'elle soit, la cheminée est pure à cause du feu qui purifie tout. Et c'est pourquoi grand-père se démène pour préparer notre meilleure échelle à l'intention du Fils. Le Fils a voulu être homme. Il n'a donc pas d'ailes comme en ont les anges. [...] Voilà l'échelle dressée, non sans mal, dans la cheminée. L'Enfant Jésus pourra descendre à son aise. Je suis éperdu d'attente.

Il viendra à minuit, dit grand-père. Si vous pouvez demeurer éveillé jusque là, vous le verrez par le trou du lit clos. Je voudrais bien voir l'Enfant Jésus qui doit être de mon âge, n'est-ce-pas, et qui sait sûrement jouer aux billes.

(Le Cheval d'Orgueil, Pierre-Jakez Helias)

lundi 10 décembre 2018

Lussekatt

Voilà notre goûter d'hier : des lussekatt, petits pains au lait au safran.Un peu en avance pour la Sainte Lucie qui n'est que Jeudi. ^^


dimanche 9 décembre 2018

Sapin !

Une journée autour du sapin aujourd'hui !




 Il est paré de tous ses atours à présent !


samedi 8 décembre 2018

Regarde Garfield, j'ai fait des bonshommes de pain d'épice / Ne sont-ils pas mignons ? / Trop mignons pour vivre !

vendredi 7 décembre 2018

Aurore fête Noël...

Ce que je n’ai pas oublié, c’est la croyance absolue que j’avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l’heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j’y trouvais à mon réveil. Minuit ! cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas et qu’on leur montre comme le terme impossible de leur veillée ! Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m’endormir avant l’apparition du petit vieux ! J’avais à la fois grand-envie et grand-peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque-là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l’âtre. Quelle émotion me causait l’enveloppe de papier blanc, car le père Noël était d’une propreté extrême, et ne manquait jamais d’empaqueter soigneusement son offrande. Je courais pieds nus m’emparer de mon trésor. Ce n’était jamais un don bien magnifique car nous n’étions pas riches. C’était un petit gâteau, une orange, ou tout simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j’osais à peine le manger. L’imagination jouait encore là son rôle, et c’est toute la vie de l’enfant.
(George Sand, Histoire de ma vie)

La Cheminée de Nohant (source image)

jeudi 6 décembre 2018

Bonne St Nicolas à tous !



Et pour fêter ça, j'ai cuisiné des cookies de Noël : crème de marron, cranberry, pistaches et pépites de chocolat...


mercredi 5 décembre 2018

Depuis 11 ans

Il y a 11 ans, petite Zélina arrivait à la maison !!!

un des plus beaux jours de ma vie =)

Pour l'occasion, voilà une petite vidéo de chat (à l'origine une pub, mais vous allez voir, elle raconte une mini-histoire rigolote et très "esprit de Noël")


mardi 4 décembre 2018

lundi 3 décembre 2018

Moutons

Hier, nous avons aussi fait la crèche et sorti nos moutons de l'Avent.
Ils ont encore du chemin à faire avant d'arriver, pour le jour de Noël !



"J'adore les jours avant Noël. Le salon est orné de guirlande et d'angelots en papier doré, le soir, après le dîner, on ouvre chacun à notre tour une petite fenêtre sur le calendrier de l'Avent. Devant la crèche, il y a cinq petits moutons de plâtre. Un pour chacun. Et si on a été sage dans la journée, on a le droit de l'avancer un peu. 
Le problème, c'est Jean-A. : il veut toujours que son mouton soit le premier alors, tout le monde triche et pousse le sien en cachette comme pour une victoire d'étape. Il faut les remettre chaque soir sur la ligne de départ, on a l'impression que Noël n'arrivera jamais."

(L'Omelette au sucre, Jean-Philippe Arrou-Vignod)

dimanche 2 décembre 2018

Couronne

Aujourd'hui, nous avons habillé la couronne de l'Avent !
Une bougie pour chaque Dimanche jusqu'à Noël...




samedi 1 décembre 2018

Décembre

1er Décembre aujourd'hui !
C'est parti pour un petit calendrier de l'Avent...
Avec, pour commencer, une poésie d'Emile Verhaeren


Décembre

– Ouvrez, les gens, ouvrez la porte,
je frappe au seuil et à l’auvent,
ouvrez, les gens, je suis le vent,
qui s’habille de feuilles mortes.

– Entrez, monsieur, entrez, le vent,
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée ;
entrez chez nous, monsieur le vent.

– Ouvrez, les gens, je suis la pluie,
je suis la veuve en robe grise
dont la trame s’indéfinise,
dans un brouillard couleur de suie.

– Entrez, la veuve, entrez chez nous,
entrez, la froide et la livide,
les lézardes du mur humide
s’ouvrent pour vous loger chez nous.

– Levez, les gens, la barre en fer,
ouvrez, les gens, je suis la neige,
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver.

– Entrez, la neige, entrez, la dame,
avec vos pétales de lys
et semez-les par le taudis
jusque dans l’âtre où vit la flamme.

Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes,
qui vous aimons – dites, depuis quels temps ? –
pour les peines que nous avons par vous souffertes.

Emile Verhaeren