samedi 22 septembre 2018

Les 4 chevaux de l'Apocalypse

Aujourd'hui, dernier jour de l'Eté ! Nous avons beaucoup parlé des diverses légendes mettant en scène la création du cheval... Il me semble approprié de terminer la saison en vous parlant des chevaux derniers, c'est à dire des montures de ceux qu'on appelle les "cavaliers de l'Apocalypse"...


Albrecht Dürer (1498)

[1] Alors je vis que l’Agneau avait ouvert un des sceaux, et j’entendis l’un des quatre animaux qui disait d’une voix de tonnerre : Viens et vois.

[2] Je regardai donc, et je vis un cheval blanc, et celui qui était monté dessus avait un arc, et on lui donna une couronne, et il partit en vainqueur, pour remporter la victoire.

Vitrail de la basilique St Denis

[3] Et lorsque l’Agneau eut ouvert le second sceau, j’entendis le second animal qui disait : Viens, et vois.

[4] Et il sortit un autre cheval qui était roux ; et celui qui le montait reçut le pouvoir de bannir la paix de la terre, et de faire que les hommes se tuassent les uns les autres ; et on lui donna une grande épée.

Manuscrit du 13e siècle

[5] Et quand l’Agneau eut ouvert le troisième sceau, j’entendis le troisième animal, qui disait : Viens et vois. Et je regardai, et il parut un cheval noir, et celui qui était monté dessus avait une balance à la main.

Apocalypse de Bamberg (vers l'an 1000)

[6] Et j’entendis une voix qui venait du milieu des quatre animaux, et qui disait : La mesure de froment vaudra un denier, et les trois mesures d’orge vaudront un denier ; mais ne gâte point ni l’huile ni le vin.

[7] Et quand l’Agneau eut ouvert le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième animal, qui disait : Viens, et vois.

[8] Et je regardai, et je vis paraître un cheval de couleur pâle ; et celui qui était monté dessus se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait ...
 
Tenture de l'Apocalypse d'Angers (14e siècle)


... et le pouvoir leur fut donné sur la quatrième partie de la terre, pour faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

(Nouveau Testament, Apocalypse chap. 6, 1-8, traduction révisée par Jean-Frédéric Ostervald)

Comme vous le voyez, la Bible se termine par la mention de quatre chevaux et de leurs cavaliers. A la fin des temps surgissent ainsi ces quatre animaux qui représenteraient symboliquement :
- la conquête = la puissance (le cheval blanc)
- la guerre = le sang (le cheval roux)
- la famine = le manque (le cheval noir)
- la mort = la peur (le cheval pâle)

Vasili Koren (17e siècle)

Ces quatre chevaux ont inspiré beaucoup d'histoires, et notamment une série de romans que je vous conseille vivement, Apocalypsis d'Eli Esseriam. 


***

J'espère que le thème de cet Eté vous aura plu ! En tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous écrire sur les chevaux !
Rendez-vous l'année prochaine pour un nouvel Eté thématique !! 

vendredi 21 septembre 2018

Le Cavalier du Nil

Petit roman d'Alain Surget, le Cavalier du Nil se déroule deux siècles avant notre ère, en Egypte. Il raconte comment Bitiou, un petit paysan passionné par les chevaux, se retrouve, après avoir commis un impair, à travailler pour les écuries du pharaon.

Or, à cette époque là, les chevaux n'étaient pas montés : ils étaient seulement utilisés pour tirer des chars....
Enfin, jusqu'à ce que Bitiou découvre un autre moyen de se déplacer grâce à eux.



Voilà une jolie histoire qui explique, à sa manière, les origines (au moins en Egypte antique) de la monte. 


source image

Pour en savoir plus sur le cheval dans l'Egypte antique, je vous conseille de lire cet article. 

jeudi 20 septembre 2018

Cheval à soie

La fin de l'Eté, c'est la saison des mûres !

Le moment idéal pour vous raconter cette petite légende chinoise (dont il existe différente version).

La jeune Cannü vivait seule et triste depuis que son père était retenu prisonnier par des bandits. Pour tout souvenir, il ne lui avait laissé qu'un cheval, nommé Tianma, Cannü s'occupait avec beaucoup de soin de cet étalon, pour le jour où son père rentrerait. Elle avait même pris l'habitude de lui parler, pour se distraire dans sa solitude.
- Ah si seulement mon père pouvait revenir ! soupira-t-elle un jour. Tiens ! Je promets d'épouser celui qui réussira à le délivrer des brigands !
Elle avait à peine prononcer ces paroles que le cheval se cabra, fracasse la porte de sa stalle et s'enfuit au galop. 
Quelques jours plus tard, Tianma revint avec, sur son dos, le père de Cannü. Celle-ci était folle de joie et n'en crut pas ses oreilles quand le père raconta comment le cheval était venu la sauver. 

Cannü avait oublié ses promesses de mariage (ou bien elle avait parlé à la légère) mais Tianma, lui, s'en souvenait très bien ! Chaque fois que la jeune fille passait près de son écurie, il ruait et piaffait, enfin faisait tout son possible pour s'échapper à nouveau.
- Ce cheval est-il devenu fou ? se demanda un jour le père.
Cannü se rappela alors de sa promesse et la rapporta, en riant, à son père :
- Tianma doit croire que je vais l'épouser, lui. Mais qui épouserait un cheval ?
Cependant, le père ne pris pas l'affaire à la plaisanterie.
- Une promesse se doit d'être respectée. Sinon, où va notre honneur ? Mais écoute, je ne tolèrerai pas que ma fille épouse un cheval. N'en parle à personne. Je vais abattre Tianma et nous serons délivré de ce fou d'étalon et de ta promesse !


Ce qui fut dit fut fait. Mais lorsque Cannü vit la dépouille de Tianma mis à séchée entre deux arbres, elle fut prise de remords :
- Ce brave cheval est mort par ma faute...
Et tandis qu'elle se morfond, une rafale emporte la peau de cheval qui vient s'enrouler autour du corps de la jeune fille. Le vent emporta ensuite la dépouille vers les montagnes et là, quand il la déposa au pied d'un mûrier, la jeune fille s'était transformée en un curieux vers à tête de cheval.
C'est ainsi que naquit le vers à soie, si précieux pour les chinois. Animal qui, rappelons-le, se nourrit de feuilles de mûrier. 
Tianma était en réalité un dieu, et après avoir été tué par le père, il devint un cheval ailé. Quant à Cannü, elle fut elle-même élevée au rang de déesse : chevauchant Tianma, elle revient quelques années plus tard parmi les hommes pour leur expliquer comment produire de la soie

Wang Nong, Fuite (1985)

mercredi 19 septembre 2018

Le Merveilleux cheval mongol

Le Merveilleux cheval mongol est un roman épistolaire de James Aldridge, écrit en 1975.

Nous suivons la correspondance entre  Baryut  (un jeune mongol qui a découvert un troupeau de chevaux sauvages dans les steppes) et Kitty, demoiselle anglaise qui va se retrouver liée à ces chevaux. De fait, des scientifiques ont décidé d'envoyer un cheval sauvage en Grande Bretagne, dans la réserve animalière du grand-père de Kitty, afin de tenter de créer un nouveau troupeau pour éviter que la race ne s'éteigne.
L'individu choisi pour cette expérience a été baptisé Tachi par Baryut, qui s'est particulièrement attaché à son caractère libre et impétueux. Or, la ponette shetland de Kitty, Peep, va être utilisée pour amadouer Tachi...
Les deux enfants s'écrivent donc pour partager leurs inquiétudes concernant la confrontation de leurs chevaux et sur les résultats de cette expérience.
Tachi et Peep en viennent rapidement à s'entendre mais tout ne se passe pas exactement comme prévu : les deux compères réussissent à s'enfuir ! Et Tachi est prêt à tout, même traverser l'Europe, pour regagner ses terres natales...




Ce livre a donc pour personnage central un cheval de Przewalski, dernière espèce de chevaux sauvages qui existe au monde. Elle doit son nom à l'explorateur qui l'a découverte, le colonel Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski. On suggère que leur morphologie est restée très proche de celle des chevaux préhistoriques (bien plus proche que pour nos chevaux domestiques). 


Voilà ce que dit Baryut dans le livre de James Aldridge :

Nous, habitants de la Mongolie, savons maintenant que notre cheval sauvage est le plus rare du monde. En fait, les savants considéraient que sa race était complètement éteinte, doutant de l'existence du moindre survivant, même au coeur des déserts et des montagnes les plus reculés de notre pays. Vous l'appelez en Europe "cheval de Przewalski" - du nom du voyageur russe qui en captura un, en 1882. Nous le nommons simplement takh.
[...] Jadis, les gens chassaient le cheval sauvage, à la fois pour sa peau et pour sa chair. puis, il y a de cela environ un demi-siècle, nos savants nous ont révélé l'importance de cet animal, nous expliquant que c'était une espèce de cheval préhistorique. N'ayant subi aucune modification, car il n'a jamais été possible de les apprivoiser, ils sont la réplique exacte des chevaux encore visibles sur les fresques que l'on peut voir dans certaines cavernes, en France par exemple.


Actuellement, divers programme de réintroduction oeuvrent pour sauver cette espèce menacée. L'un d'eux est situé dans les Cévennes, en France.

Cliquez sur l'image pour accéder au site de l'association Takh et en savoir plus


mardi 18 septembre 2018

Cavalières célèbres

Je vous ai déjà parlé des Amazones, des Walkyries, de Lady Godiva, de Haya Bint Al Hussein, d'Epona et de Wu Zetian.

Mais ce n'est là qu'une infime partie des cavalières célèbres, légendaires ou réelles !
Cet article va être l'occasion de mettre en lumière quelques autres cavalières connues...

*Chand Bibi (16e siècle) était une régente et guerrière indienne  musulmane, célèbre pour avoir défendu son pays contre les forces mogholes.


* Boudicca (1er siècle) est une reine celte de Grande Bretagne qui a mené une révolte contre les Romains, après s'être faite battre et avoir vu ses filles violées par l'envahisseur.
source
* Jeanne D'Arc (15e siècle) qui mena les Français à la bataille d'Orléans

H. Wallon(1876)

*Dihya ou Kahina (7e siècle) reine berbère qui, à la tête de la cavalerie de son peuple, combattit des envahisseurs musulmans.

*Amina (16e siècle) reine guerrière haoussa qui étendit les terres de son peuple en les menant à de nombreuses batailles.
source
*Clorinde, guerrière légendaire qui aurait combattu du côté des sarrasins lors de la 1ère Croisade (11ème siècle), avant de tomber folle amoureuse de Tancrède, un jeune croisé. Elle se serait convertie juste avant de mourir.

Combat de Tancrède et de Clorinde de Ambroise Dubois (16e)


*Mulan, héroïne d'une ballade chinoise, elle aurait combattu de nombreuses années contre les Ruanruan, déguisée en homme, à la place de son père malade (au 5e siècle).

source

lundi 17 septembre 2018

Crin Blanc


Crin Blanc est un court-métrage d'Albert Lamorisse, réalisé en 1953. Il met en scène l'histoire d'une amitié entre cheval sauvage et un jeune pêcheur, dans les marais camarguais.
Le jeune Folco se prend ainsi d'affection pour un cheval immaculé, surnommé Crin Blanc.
Désiré par les manadiers (éleveurs de chevaux camarguais, une manade étant un troupeau de chevaux ou de vaches semi-sauvages) qui voient en lui un étalon de prix, Crin Blanc tente d'échapper à ces ennemis, avec l'aide de son ami Folco qui rêve que ce cheval n'appartiennent à personne d'autre qu'à lui...

Crin Blanc est aussi un livre écrit par René Guillot, en partie basé sur ce film et en partie  réinventé. On y suit le cheval depuis qu'il est poulain et d'autres péripéties (comme le rapt de chevaux par des gitans ou un tour dans les arènes où sont effectués des démonstrations de capture au lasso) ponctuent le récit.
Dans tous les cas cette histoire permet de découvrir le monde des chevaux camarguais et leur mode de vie, même si les choses ont certainement bien changé aujourd'hui. Toujours est-il que c'est un beau témoignage, mettant en présence un animal et un petit garçon sauvages dans une nature indomptée. Histoire qui nous ramène aussi aux mythes des chevaux solaires et des chevaux aquatiques, avec la présence du soleil et de la mer méditerranéens.

dimanche 16 septembre 2018

Black Beauty


Ecrit par Anna Sewel entre  1871 et 1877, Black Beauty est un classique de la littérature anglaise.
 Le cheval qui en est le héros raconte sa vie, depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse. Il tire son nom (littéralement "beauté noire") de la couleur de sa robe d'un noir de jais.
 Changeant plusieurs fois de propriétaire, il narre tous les métiers (cheval d'agrément ou de fiacre...) qu'il a exercé, tous les type d'existence qu'il a connu.
Ses conditions de vie sont parfois douces, parfois rudes, et il rencontre de nombreux autres chevaux qui, eux-mêmes, parlent de leurs expérience.
Même s'il constitue une histoire à part entière, ce livre est aussi l'occasion d'un plaidoyer contre la maltraitance animale (surtout équine, même si certains points abordent aussi les chiens), qui invite à réfléchir sur les conditions dans lesquels nous utilisons les chevaux.