dimanche 27 août 2017

Les familiers

Bien que souvent exclues de la communauté, les sorcières ne sont pas totalement solitaires pour autant ! Elles ne sont pas rares celles qui bénéficient de la compagnie d'un familier, aussi nommé démon ou esprit familier.

Animal ou esprit, palpable ou immatériel, parfois capable de prendre forme humaine, il joue auprès de la sorcière le rôle d'un lutin ou d'un "démon gardien" (il me semble difficile de dire "ange gardien" pour les décrire). Plus qu'un simple animal domestique, le familier aide sa maîtresse à accomplir ses mauvaises actions, garde sa maison et son grimoire,  lui révèle l'avenir, espionne à son compte ses ennemis ou ses futurs victimes, donne un coup de patte aux travaux ménagers...
Parfois, c'est plus un contrat à double tranchant qu'une véritable amitié ou même qu'un esclavage qui lie la sorcière à son familier : la sorcière doit laisser son familier s'abreuver de son sang pour obtenir, en échange, ses services.
The Discovery of Witches (1647) par le chasseur de sorcières Matthew Hopkins.

A cause de cette croyance aux familiers, certains animaux, réputés pour être des familiers communs, ont vu leur célébrité entâchée par ce mauvais coup de pub...
Les plus connus d'entre eux sont...

*Le corbeau
*Le rat
*La chouette ou le hibou
*Le crapaud
*La chauve-souris
*Le porc
*Le loup (chevauché, je le rappelle, pour se rendre au sabbat)
*Le chat, noir, de préférence...

Remarquez que ce sont surtout des animaux nocturnes, mystérieux donc, suspects aux yeux des humains peureux.

Divers animaux peuvent également être utilisés comme familiers, peu importe leur espèce, leur seul point commun étant la couleur noire (couleur du Diable) : brebis noire, chien noir...
Sans oublier le bouc et la chèvre, animaux cornus comme des démons !

Le philtre d'amour par Evelyn De Morgan (1903)
Où l'on voit une sorcière accompagnée de son familier-chat noir


A cause de la superstition des familiers, croiser un de ces animaux devient présage de malheur... 

samedi 26 août 2017

L'Eté des Salimbanques


Voilà un livre d'une auteur que j'apprécie particulièrement, l’Eté des Saltimbanques, de Joanne Harris,

Nous sommes, au 17e siècle, sur la presqu’île de Noirmoutier. Nous voilà transporté au temps où l’on brûlait encore les sorcières et tous ceux qui passaient pour fous. Juliette menait jadis une vie exaltante de saltimbanque. Mais trahie par son amant nommé Le Merle, qui l'abandonne à une foule persuadée qu'elle et les autres comédiens sont des sorciers, la jeune femme se réfugie dans un couvent. Elle y élève Fleur, la fille qu’elle a euavec Le Merle. Toutes deux vivent en entière sécurité parmi les religieuses, sous la conduite de l'abbesse qui laisse court à toute sorte de libertés.
Mais lorsque la Mère Supérieure meurt, rien ne va plus chez les religieuses...
La nouvelle abbesse est une jeune fille de douze ans, très à cheval sur le respect des règles religieuses, et surtout hantée par l'idée du Diable...
Pour comble de malheur, elle est accompagnée par Le Merle, déguisé en prêtre. Mis à part Juliette, tout le monde pense qu'il s'agit d'un véritable homme d’Église, vénérable et digne de confiance... Alors qu’en réalité il est ici pour mener à bien une vengeance méditée depuis longtemps... Or, pour cette vengeance, il se servira des Sœurs comme autant d’objet à sa disposition.
Le Merle s'arrange ainsi pour rendre folles toutes les religieuses, qui se croient possédées par le démon. Seule Juliette semble conserver sa raison, alors qu’autour d’elle les croyantes sombrent peu à peu dans une hystérie communicative.

L’histoire est à la fois singulière et détonante, pleine de sentiments. Le livre est construit sur une alternance de point de vue : nous avons tour à tour le récit fait par Juliette ou par Le Merle, deux personnages bien différents. D’un côté, une sorcière innocente qui tente vainement de raisonner les fous qui l'entourent... De l’autre un anti-héros, sans scrupules, lâche, malsain, qui nous livre par le menu toutes ses réflexions cyniques, dans le but de faire de son projet un succès...



Et comme on parle de Noiremoutiers, ça me fait penser que je ne vous ai pas montré notre récolte de patates de l'année... Avec, en prime, quelques photos du jardin...



le maïs qui grandit bien...

et le potimarron qui cherche à traverser le jardin ! 

En ce moment en vacances à la mer, je lis Voleurs de Plage également écrit de Joanne Harris... Lu sur le sable et devant les vagues, c'est parfait vous ne pensez pas ?

mardi 22 août 2017

Grimoire mon beau grimoire !

Autre objet essentiel aux sorcières : le grimoire.

Qu'est-ce qu'un grimoire ?
Tout simplement un livre de recettes magiques, écrit par un sorciers.
Aussi appelé "Book of Shadows" (Livre des Ombres), le grimoire est un peu le journal intime d'une sorcière. Elle y note tous ses sortilèges, ses potions, ses formules magiques, ses philtres, ses  observations sur telle plante ou tel objet magiques, ses rituels pour fabriquer un talisman ou invoquer un démon...


L'étymologie du mot "grimoire" oscille entre plusieurs origine... Néanmoins, à chaque fois, l'idée de la magie est là!

*Grimoire viendrait peut-être de l'ancien haut allemand "grîma", "le spectre", qui a également donné des mots comme "grimace"

*A moins qu'il ne dérive de l'italien "rimario", désignant un "livre de rimes" (les formules magiques étant écrites, au moins à l'origine, en vers rimés).

*Ou encore, ce mot vient du grec ancien "gramma" ("écrire") qui aurait donné le mot latin "gramare", puis en français "grammaire" . Ce dernier mot désignait au départ un livre de sciences occultes servant à invoquer le Diable.
On est donc assez proche du sens actuel de grimoire !

Chose amusante, l'anglais "glamour" dérive à son tour du français "grimoire". Avant de désigner un charme séducteur, ce terme avait le sens premier de tout charme : un envoûtement magique, un sort (pas forcément sensuel).

Un grimoire bien connu est le Grand Albert (et son petit frère, le petit Albert), recueil de magie qui aurait été écrit d'après les enseignements du religieux Albert le Grand (Albertus Magnus)...
Son nom complet : Liber Secretorum Alberti Magni de virtutibus herbarum, lapidum et animalium quorumdam. C'est à dire "Le Livre des secrets d'Albert le Grand sur les vertus des herbes, des pierres et de certains animaux"
Albert le Grand par Tomasso da Modena (XIVème siècle)

lundi 21 août 2017

Miroir mon beau miroir !

Qui ne connait pas cette formule magique : "Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ?"

Vous l'avez reconnue : il s'agit de la formule magique prononcée par la marâtre de Blanche-Neige, que l'on trouve aussi sous les versions " Petit miroir, petit miroir qui est au mur, quelle est la plus belle de tout le pays ?" ou "Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle"...
Illustration de Jennie Harbour pour Blanche-Neige

Mais saviez-vous que les miroirs magiques existent bels et biens (c'est-à-dire pas seulement dans les contes) et que la méchante reine n'est pas la seule à consulter son miroir pour connaître la Vérité ?

Dès le Vème siècle, en Chine, on trouve déjà des miroirs magiques : un miroir en bronze qui, tenu face au Soleil, laissait apparaître les symboles tracé à son dos.

De fait, interroger les miroirs pour connaître l'avenir s'appelle la catoptromancie (du grec "άτοπτρον", "kátoptron" signifiant "miroir". Littéralement, c'est donc la "divination par le miroir").

Dans la Grèce antique, les images reflétées par un miroir permettait de renseigner sur l'état futur d'un malade, ses chances de guérisons par exemple.

Aux Etats-Unis, on prétend que si une jeune fille se tient devant un miroir la nuit d'Halloween, elle peut voir la figure de son futur mari à côté de son propre reflet... Mais si elle n'y voit qu'une tête de mort, c'est qu'elle mourra avant ses noces !

Je t'en pries flamme brillante
Maintenant montre moi,
Quel sera mon futur mari


Si dans le miroir tu vois ton amoureux,
Tu passeras sûrement un Halloween heureux !

On dit aussi que si on appelle trois (ou treize selon les traditions) fois la Dame Blanche devant un miroir à Minuit, on voit apparaître son reflet dans la glace...

Vous connaissez certainement l'histoire de Narcisse, qui tombe amoureux de son propre reflet... Ce qui renvoie son reflet à Narcisse est une surface d'eau, non un miroir. Mais le principe est le même ! De sorte que le miroir est souvent un symbole de vanité, de narcissisme,  mais aussi de vérité  : le miroir renvoie son image avec ses qualités et aussi ses défauts !
C'est pourquoi, selon la légende, le miroir aurait été inventé par le Diable. Celui-ci s'en servirait comme portail vers l'au-delà. Une vieille coutume consistait ainsi à voiler tous les miroirs après le décès de quelqu'un, pour éviter que son âme ne soit emprisonnée derrière la vitre... Vous connaissez aussi la vieille superstition qui veut qu'un miroir cassé entraîne sept ans de malheur !

Objet de Vanité, on retrouve le miroir dans le conte de la Reine des Neiges : le miroir est un objet maudit qui, brisé en éclat, glace les sentiments bons de ceux qui en reçoivent dans l'oeil ou le coeur.
Objet de Vérité ? Le miroir de La Belle et la Bête permet de voir les personnes qui se trouvent loin de nous... un peu comme une webcam avant l'heure !
Porte vers l'Ailleurs ? Alice le connaît bien ce miroir, qui lui permet de se rendre dans un second pays des Merveilles !
Illustration de John Tenniel

Et moi, avec le miroir de l'appareil photo, je vous ouvre une porte vers le Colombier et les chalets d'Orgeval, deux randonnées que nous avons faites la semaine dernière !




samedi 19 août 2017

Circé la métamorphoseuse

Circé, fille d'Hélios, est également une grande magicienne/sorcière de la mythologie grecque. Elle est surtout connue pour avoir transformé les compagnons d'Ulysse en porcs. Mais ces potions ne servent pas qu'à vous transformer en cochons : elle savait aussi métamorphoser les imprudents voyageurs en lions ou en loups...

Circé entourée de bêtes sauvages, Barker
(1900)

Ulysse avait interdit à ses compagnons de quitter le navire lorsqu'ils avaient abordé le rivage de Circé. Mais une troupe, désireuse d'aller chercher des vivres, désobéit. Les hommes entendent alors "Circé, qui, dans l'intérieur du palais, chante d'une voix mélodieuse en tissant une toile immense et divine"... Circé, chantant des sortilèges, serait donc une enchanteresse..


"Circé les introduit, et les fait asseoir sur des trônes et sur des sièges ; puis elle môle du fromage, de la farine d'orge et du miel nouveau avec du vin de Pramne, et elle ajoute ensuite à cette préparation des plantes funestes afin que [les] compagnons perdent entièrement le souvenir de leur patrie. Quand elle leur a donné ce breuvage, qu'ils boivent avec avidité, elle les frappe de sa baguette et les enferme dans l'étable ; car [les] guerriers étaient alors semblables à des porcs par la tête, la voix, les poils et le corps, mais leur esprit conserva toujours la même force".

Circé par Edward Burne-Jones

Ulysse ne succombe pas aux drogues de Circé, car il rencontre le Dieu Hermès qui lui fait dont d'une plante, antidote contre les poisons de la magicienne :  "sa racine était noire, mais sa couleur était blanche comme le lait : les dieux la nomment moly".

Grâce à cette herbe, Ulysse reste lui-même... et séduit la magicienne qui accepte de délivrer ses compagnons de leur apparence animale.

(source texte)

vendredi 18 août 2017

Médée la magicienne

Aujourd'hui je vais vous parler de Médée, magicienne bien connue de la mythologie grecque.
Notez que Médée a accompli de grands prodiges mais est surtout connue pour ses sortilèges terribles... C'est pourquoi on lui donne souvent le titre de "sorcière" plutôt que celui de "magicienne".

Médée a une généalogie prestigieuse : arrière petite fille du Dieu Océan, petite fille du Dieu du Soleil Hélios, fille du roi de Colchide, nièce de la magicienne Circé...
Médée est donc avant tout une descendante de dieux et une princesse !
 
La rencontre de Jason et de Médée, Biagio d'Antonio (XVème siècle)

L'histoire de Médée débute lorsque le héros Jason arrive en Colchide avec ses compagnons, les Argonautes. Leur but ? S'emparer de la Toison d'Or, trésor appartenant au roi. Bien entendu, celui-ci refuse de le céder à ces inconnus, et c'est grâce à Médée, tombée sous le charme du beau navigateur, que Jason parviendra à ses fins.

A cet effet, Médée utilise ses pouvoirs pour permette à Jason de triompher deux taureaux monstrueux et du dragon qui protègent la Toison d'Or... Ayant trahit  son père,  Médée s'enfuit avec Jason vers Iolcos (d'où le héros est originaire). Pendant le voyage, elle écartera bien des dangers, comme en envoyant une troupe de fantômes sur le géant Talos qui bombardait de pierres leur navire.

Jason et Médée se marient durant le voyage. Or, à son arrivée à Iolcos, Jason apprend l'assassinat de son père,  commis par son propre oncle, le tyran Pélias. Pour se venger, Jason en appelle à son épouse.
Médée concocte alors un plan diabolique. Elle fait croire aux filles de Pélias que si elles coupent leur père en morceau et le mettent à bouillir dans un chaudron, il rajeunira... Ces filles devaient être un peu simplettes puisqu'elles ont appliqué cette formule de jouvence, qui, bien entendu, n'a pas fonctionné (je précise, au cas où vous seriez tenté d'essayer vous aussi !) !!
Seulement voilà : le peuple d'Iolcos est terrifié devant cette vengeance et chasse le couple.
Les deux époux se réfugient alors à Corinthe, où Médée met au monde deux enfants...
 
Médée et ses enfants

 Malheureusement pour elle, l'histoire de Médée ne s'arrête pas là... D'ailleurs, ce dernier épisode est le plus connu et le plus adapté : depuis l'Antiquité, il a donné lieu à bon nombre de tragédies.
Le volage Jason s'éprend de la princesse de Corinthe, Créuse, et répudie Médée sans autre forme de procès. Désespérée, Médée empoisonne la tunique de Créuse, qui brûle vive dès qu'elle la revêt.
Sa vengeance ne s'arrête pas là : Médée tue ses deux fils.
La fin de Médée est incertaine : soit elle se serait suicidée, soit elle aurait pris la fuite sur un char tiré par des dragons...

source

Bien. Maintenant une réflexion... Médée a pratiqué la sorcellerie par amour pour Jason avant d'être abandonnée comme une vieille chaussette trouée...
Et pourtant, vous constaterez que c'est Médée que l'histoire a retenu pour "méchante", tandis que Jason a gardé l'appellation de "héros".
Fin de la réflexion !



jeudi 17 août 2017

Comment cuisiner et dévorer les enfants

Dans la famille sorcière-pâtissière, je voudrais...
Comment cuisiner et dévorer les enfants, roman de Keith McGowan, que j'avais emprunté à la bibliothèque il y a quelques années... Et que je me souviens avoir apprécié !




Un petit mot sur l'histoire (d'après ce que je m'en souviens, car cette lecture remonte à assez loin...).

Nouveau départ pour Salomon et sa petite soeur Constance, qui emménagent dans une ville inconnue... Oui mais voilà : ce qu'ils ne savent pas, c'est que leur voisine est une sorcière... une sorcière de la lignée de celle d'Hansel et Gretel... Une sorcière qui raffole des enfants !
Or, de nos jours, plus besoins de maisons en pain d'épice pour attirer les bambins... Vous comprenez, ils sont tellement insupportables que les adultes souhaitent s'en débarrasser...  Et alors, qui appellent-ils à leur secours ? La sorcière Fay Holaderry ! 
Laissez-la vous apprendre comme apprêter les enfants pour mieux les déguster...

Comme promis, une photo de la tarte à la myrtille spéciale dents violettes pour les sorcières !!!


Et une photo de ma petite Zélina, car il est très rare que je puisse fêter mon anniversaire en sa compagnie !